Le Monastère

Lorsque Didier, personnage de marque ( Désiderius)  auquel le pape Jean VIII aurait donné titre de prince, décida d'établir une retraite, en compagnie d'abord de quelques moines, il fit le choix de  Goudet et de la plate-forme de basalte sur la rive gauche du Riou-Blanc jusqu'au ruisseau de l'Holme, c'est-à-dire à l'endroit le plus abrité des vents.
En date de 875, un concile tenu à Châlon sur Saône précise qu'à cette époque, le monastère de Goudet dépendait déjà de l'abbaye de Tournus.
On peut noter une certaine analogie entre le plan de l'abbaye de Saint- Philibert de Tournus, quant à elle bien conservée et restaurée, et celui du prieuré de Goudet. Plus tard, en 1059, puis en 1120, on trouve confirmation de la survie du monastère dans divers écrits.

Dès son origine, il fut consacré à Saint-Philibert, mort à Noirmoutier en 684, lui-même fondateur de divers monastères suivant la règle de Saint-Benoît; sur le plan spirituel, les moines étaient sous l'autorité de l'évêque du Puy.

On suppose que les différents bâtiments comprenant cloître, chapitre, réfectoire et dortoir, sans oublier la chapelle romane, étaient tous érigés dans la quartier actuel du Clos.
Il en subsiste le Prieuré restauré, et la petite voûte non fermée à l'extrêmité sud-ouest.

Entre le chevet de l'église actuelle et la maison du prieur se dressait la chapelle, complètement disparue, où les moines priaient et où les habitants entendaient la messe.
Ce fut pendant plusieurs siècles le seul lieu de culte pour les hameaux environnants. 

Au côté sud du Clos se trouvaient les cellules des moines, et, de plan-pied avec la cour, des locaux vraisemblablement utilisés comme écuries à mulets et à ânes, des celliers, des réserves.
Jusqu'au XIXe siècle, a subsisté vers le milieu, des cellules, un "balcon" soutenu soit par des piliers de pierre, soit par des colonnes travaillées, ensemble qui a laissé au chemin et aux maisons le nom de "balcon". 
Sur la voûte d'entrée du Clos se dresse une maisonnette accolée au presbytère, lui-même jouxtant l'église actuelle.

Si les moines vivaient et priaient dans cette enceinte, ils travaillaient ou faisaient cultiver leurs terres à l'extérieur.
Au nord-ouest, de l'autre côté du Riou-Blanc, s'étendent des terres arables, nommées "jardies ou jardisses".
Le grand pré sur la rive gauche de l'Holme a gardé le nom de "pré des moines".

Bien avant la révolution, au XVIIIe siècle, on comptait 7 moines et frères coadjuteurs.

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