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Chapeaux
et Dentelles
Le Chapeau
Au
temps où Goudet était une bourgade vivante, active et peuplée, tout au
long du XIX ème siècle et particulièrement vers 1850, et jusqu'à l'aube
du XXème siècle, se situe l'ère de prospérité de la chapellerie.
Le portrait de paysan peint par Pierre Fournier, représentant un vieil
homme coiffé d'un feutre noir a été reproduit, stylisé, transformé sur
des affiches de gare et d'offices de tourisme du genre: " La Haute
Loire vous accueille."
Ce
chapeau, inusable, on ne l'ôtait guère qu'à la messe, au lit, et dans
son cercueil. Pendant la courte saison d'été, on le remplaçait par un
chapeau de joncs plats. L'automne suivant, le feutre revenait. Battu par
la pluie, secoué par la burle, saupoudré de neige, le feutre de Goudet
était quasiment inusable. Faut-il en croire la tradition transmise oralement
dans toutes les histoires, le chapeau aurait abrité, en même temps que
le crâne de l'homme, son mouchoir de poche à carreaux, sa petite bourse
dite en patois "filotche", et même sa tabatière en queue de
rat. Et, mieux encore à la messe dominicale, les bancs une fois pleins,
les hommes s'asseyaient sur leur chapeaux, posés sur la calotte, à cause
de leur précieux contenu. Les couvre-chefs étaient si rigides qu'ils servaient
de tabourets!
On
suppose que cette fabrication de chapeaux fut, à l'origine ,enseignée
par les moines et transmise de génération en génération. Certes, elle
ne fut jamais organisée en industrie. Il s'agissait d'ateliers équipés
d'établis et de tous les instruments nécessaires au travail manuel. Vers
1800, 1801, on comptait une trentaine de ces ateliers et la fabrication
annuelle atteignait 16.000 à 18.000 chapeaux par an, valant 3 à 6 francs.
Les dentellières
Si
les hommes ont été chapeliers pendant un siècle, les femmes quant
à elles, se sont consacrées, durant bien plus longtemps, et entre
autres ouvrages, à la dentelle.
Cet artisanat à domicile apportait aux ménages un appoint non négligeable,
complétant les bénéfices souvent maigres des exploitations agricoles.
La fabrication de la dentelle à Goudet remonte probablement au XV
ème siècle, époque à laquelle elle fut imaginée par Isabelle Mamour,
du Puy, qui avait cherché à orner la vierge du Puy d'un vêtement précieux.
L'art de la dentelle fut d'abord enseigné dans les couvents, et simultanément,
dans les campagnes, de mère en fille, d'aïeule en petite-fille.
Le matériel nécessaire: du fil blanc le plus fréquemment, mais aussi
du coton, de la soie, et même de laine. |
-des
fuseaux en buis, plus rarement en ivoire ou en os et souvent en cerisier
du pays.
-un carreau: boîte de bois blanc, plus basse à l'avant, bourrée de
paille, contenant un rouleau monté sur essieu.
On fixait sur le rouleau un carton sur lequel était fixé le dessin
à exécuter. Les carreaux étaient le plus souvent recouverts de toile
cirée à raies ou à fleurs, parfois de soie, de dessins ou d'images
pieuses. |
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| Les dentelles exécutées aux fuseaux étaient
d'une très grande variété et portaient des noms très poétiques, oubliés
maintenant: bouquet, grand ramage, rosillons, jardiniers, grenouilles,...
Elles étaient destinées aux ornements d'église: aube, devant d'autel,...
puis à la lingerie: bas de jupons, empiècement de chemises,... enfin
au linge de maison: pochettes, nappes,... |
| Contrairement au chapelier, la dentellière
travaillait le plus souvent dehors, à la belle saison: sur la place,
à l'ombre de l'orme ou du tilleul, dans une cour et, autant que possible,
en groupe. Ces réunions s'appelaient "couviges". Les dentellières
de Goudet portaient, bien entendu, la coiffe, serrée par un ruban
noir pour les personnes âgées. |
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nous : goudet@mdplus.com
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